» La Truite Mouchetée (Ombre de Fontaine) au Québec «


    L'omble de fontaine est appelée truite mouchetée au Québec et saumon de fontaine en France. Elles peuvent vivre à l'eau douce ou salée. Lorsqu'elles vivent dans l'océan ce sont des truites de mer. La pêche à la truite mouchetée est l'activité idéal pour ceux qui aiment le poisson frais et qui veulent partager leur passion de la pêche avec leur conjoint, enfants, petit-enfants, famille et amis.

    Le Québec est en plein centre de son aire de distribution. La province regorge de lacs et de rivières de toutes formes, de toutes grandeurs, de toutes profondeurs, répartis surtout au nord du fleuve Saint-Laurent. Les mouchetées québécoises se retrouve dans les lacs sauvages ou ensemencés, dans les grandes rivières nordiques, dans les ruisseaux de montagne, dans les petites rivières forestières et de campagne, dans les rivières urbaines aménagées.

    Ce populaire poisson est en fait un omble. Elle s'apparente aux autres salmonidés comme le saumon, l'omble gris appelé truite grise ou touladi et l'omble chevalier "artic char". Dans plusieurs de nos plans d'eau, des souches indigènes d'ombles de fontaine ont été épargnées par les interventions humaines. Par exemple, dans la grande région située près et au nord du lac Saint-Jean, les populations indigènes ont été sauvegardées grâce à l'intervention rigoureuse des autorités. Cette région n'a jamais connu d'ensemencement de truites mouchetées et il est toujours interdit d'en faire.

    Dans les eaux froide du Québec, les gros ombles de fontaine et gris (touladi) se nourrissent de façon opportuniste beaucoup plus souvent que de façon sélective. Il a été démontré scientifiquement que les mouchetées sont surtout insectivores mais se nourrissent souvent de ce qui est disponible et facilement accessible selon la saison. Par contre, les grosses truites mouchetées et les truites grises sont omnivores et très opportunistes. L'efficacité d'un pêcheur à la mouche repose sur sa connaissance du plan d'eau ou il pêche et des techniques de présentation de son artificielle.

    Comme la rivière, le lac comprend des sites de repos, des sites d'alimentation et des sites de reproduction. Il est important de bien comprendre, avant de commencer à pêcher, que l'eau d'un lac comprend un ensemble complexe de courants, de vagues, de strates de températures variables, des différences en oxygène dissous (5 à 12 ppm idéal pour la truite mouchetée), des répartitions de différents herbages aquatiques, de structures et de sites bien définis utilisés par les poissons. L'eau bouge peu, la truite doit alors se déplacer pour trouver sa nourriture. Si le pêcheur apprend à connaître les voies de déplacement de la truite, il augmente ses chances.

    En lac les mouchetées actives se trouvent habituellement entre la surface du lac et une profondeur maximale de 10m.. À cette profondeur la température de l'eau se situe entre 13 et 18 degrés Celsius. Notez que la pénétration de la lumière peut être de très faible à nulle à cette profondeur. Les voies de déplacement sont déterminées par les structures. En chasse, le poisson suit les bordures, Herbages, Herbages submergées, Billots immergés, Structures rocheuses horizontales ou verticales, Haut-fonds proche d'une fosse... Pour les mouchetées, ce sont des voies de maraudage.

    Les ombles de nos lacs utilisent plusieurs sens pour survivre et s'alimenter. Entre autres, elles peuvent repérer leur nourriture à l'aide des vibrations captées par les récepteurs de leur ligne latérale et, bien sûr par la vue. Nous sommes souvent portés à croire que la vue est le seul sens important des salmonidés. Que penser de l'efficacité du style de mouche "MUDDLER". Il est probable que les vibrations ou les bruits produits par la tête et la collerette en poils taillés de chevreuil de la mouche en mouvement dans l'eau soient perçus par la ligne latérale ou l'oreille interne des truites, saumons... Il lui suffit alors de la repérer visuellement pour entreprendre son attaque. La lumière, et donc la vue des poissons, est d'importance capitale.

    Les végétaux aquatiques sont très important, c'est à cette endroit que débute la chaîne alimentaire utile aux pêcheurs de salmonidés en lac. Plusieurs espèces d'invertébrés ont comme habitat les zones de végétations. Des diptères, des odonates, des tricoptères et des éphémères abondent dans ces milieux souvent situés tout près de sites boueux plus profonds démunis de végétation dû à un manque de lumière. On y retrouve des nymphes... C'est un garde-manger qui attire les petits et gros poissons lors du repas.

    Maintenant que l'on connais ou se trouvent les aires d'alimentation, il faut alors offrir à nos truites des imitations appropriées (artificielles). En pêchant avec une nymphe, il faut la faire plonger près des herbages et la faire bouger très délicatement par menues saccades. Au contraire, un streamer sera déplacé de façon à imiter le comportement d'un petit poisson.

    Comprendre le pourquoi !!!. Lorsque l'effet de la marée montante est ressentie à l'endroit ou vous pêchez, toute la nature s'active, les oiseaux, les bêtes, les poissons et même nous les pêcheurs. C'est alors que l'appétit devient omni-présente. Il faut manger. Ce concept s'avère juste lorsque les vents sont légers et proviennent du sud-ouest ou de l'ouest, et que la pression atmosphérique est élevée et stable. Il est certain que ces notions et l'expérience du pêcheur aident beaucoup à mettre des truites sur la ligne. Le plaisir à la pêche n'est-il pas d'être dans un site enchanteur et, comme boni, de prendre des ombles de fontaine?. Rappelons-nous que l'aire d'alimentation est très souvent situé près d'un herbier, point de départ de la chaine alimentaire. Le poisson doit s'y rendre pour s'alimenter. Un site d'alimentation est en fait un restaurant pour les poissons.

    Lorsque vous avez repéré un site prometteur, présentez vos artificielles en utilisant les lancers habituels. Votre poste de lancer peut-être à partir de la berge, d'un haut-fond debout dans l'eau, d'une embarcation ou encore d'un anneau de flottaison ( float tube ). Si vous présentez une mouche sèche, elle devra être attachée à un avançon long de 10' et de 4 lbs, déposéz-la, laissée-la immobile pour quelques secondes, (10 au maximum). Avant l'arraché, la mouche pourrait être légèrement agitée par une toute petite secousse du bout de la canne de façon à simuler l'envol de l'insecte. Après l'arraché et quelques faux lancers pour assécher la mouche, redéposez-la à un endroit stratégique.

    Lors de la présentation d'une mouche noyée ou d'une nymphe, elle devra être attachée à un avançon de 8 pi..., de 6 lbs.. Il faudra la laisser plonger à la profondeur voulue et récupérer la soie de façon à imprimer sur l'artificielle un comportement semblable aux insectes. La séquence de récupération devrait être par saccades irrégulières avec pauses fréquentes d'une durée variable. En plus de lester l'artificielle pour la faire plonger, utilisez un avançon tressé plongeant auquel on ajoute une pointe de monofilament de 6lbs. Ce type d'avançon est disponible dans une gamme complète de vitesses de plongé.

    Lorsque vous présentez un streamer, il devra être attaché à un avançon de 10 à 12 pi..., de 6lbs.. Cette pointe de nylon ou de fluorocarbone sera elle-même retenue à l'avançon tressé par une jonction boucle-à-boucle. Une soie à bout calant peut aussi être utilisée pour placer un streamer à l'endroit voulu sous la surface. Entamer la récupération par saccades irrégulières de façon à imiter le comportement de nage erratique d'un petit poisson.

    Plus souvent qu'autrement, la pêche à la mouche à la traîne se fait en profondeurs variables selon les conditions du moment. Les soies complètement calantes de différents degrés de plongée rendront possible la présentation d'une mouche à 30 pi.. Les streamers sont les plus utilisés alors que les nymphes le sont à l'occasion. Il est évident que cette pêche se fait d'une embarcation à rames et, à avirons et, à moteur et, à l'occasion à palmes. Cette façon de pêcher permet de découvrir les caractéristiques d'un lac en y faisant le tour. Ne pas oublier la possibilité de hauts fonds éloignés de la berge. Plus la mouche est petite, plus il est préférable d'aller lentement. Variez souvent la vitesse et même arrêtez complètement sur de courtes périodes suivi d'un départ rapide. Mélangez les variations de cadences et de vitesses. C'est comme ça qu'un streamer a l'air d'un vrai poisson !!!. Si à la variation de vitesse on ajoute des changements de direction en modifiant très souvent l'orientation de l'embarcation, il en résulte une efficacité accrue. Pour bien trainer ses mouches il faut un bon capitaine de navire !!!

    Rappelez-Vous que les truites sont souvent sélectives surtout lors d'émergences d'éphémères, comme pour la ‘Green Drake', de mi-juin, mais plus souvent qu'autrement, elles sont opportunistes, qu'elles attaqueront toutes les formes de nourriture. Il est quand même préférable d'utiliser des mouches représentant des types de nourriture propre au lac ou la rivière que vous pêchez.

> La Clé du Succès: La Température de L'eau <


    De plus en plus de pêcheurs réalisent l'importance de la température de l'eau pour la localisation du poisson. Trouver la température idéale de la truite, c'est souvent trouver la truite ! Curieusement, toutefois, la majorité des pêcheurs sont plus conscients de ce phénomène sur la truite grise ou brune que sur la truite mouchetée et le saumon. Tant qu'a moi ils ont tort !!!. En effet, chaque espèce de poisson recherche une température idéale (appelée zone de confort) où elle se trouve la plupart du temps.

    Contrairement à certaines espèces comme l'achigan, la truite mouchetée n'est pas attachée à son repaire et préférera se déplacer aussi souvent que nécessaire plutôt que de supporter une température stressante. De plus, la truite mouchetée requiert une eau bien oxygénée et son aire de confort doit se situer le plus près possible des sites de nourriture et d'un refuge sécuritaire à la fois. C'est cette recherche constante de la truite pour trouver sa zone de confort qui doit emmener le pêcheur à adapter son approche tout au long de la saison.

    Il est impossible d'évaluer la température de l'eau en se basant sur la température de l'air ou selon l'impression obtenue en trempant la main dans l'eau. La façon la plus sûre d'estimer la température de l'eau s'obtient en utilisant un thermomètre (nous verrons les détails un peu plus loin).

    Il me faut ici vous parler de la marge de tolérance, s'écartant largement de la zone de confort et dont il faut parfois tenir compte dans des conditions extrême (au tout début de la saison et durant la canicule). En effet, en début de saison, (soit juste après le départ des glaces), la truite ne peut retrouver sa zone préférentielle de confort. Elle doit alors se contenter de vivre encore pour quelques jours dans des eaux de 3,9°C (39°F) ou moins (si le "turnover" n'est pas complété). La truite mouchetée se trouve alors dans un état de léthargie avancée et se nourrira très peu. Fort heureusement, cette situation ne dure pas longtemps, car après quelques jours de soleil, la truite peut trouver une température fort convenable à son métabolisme en se rapprochant des berges peu profondes.

    L'été, la température de l'eau ne peut guère dépasser celle de la zone de confort de la truite mouchetée à la grandeur du lac car elle ne subsisterait tout simplement pas! Toutefois, la mouchetée n'hésitera pas à faire des incursions en eau peu profondes pour pourchasser sa nourriture qu'il s'agisse d'insectes ou de poisson-fourrage. Elle pourra s'aventurer ainsi dans des eaux dont la température dépasse même 21°C (70°F).

    Sur ce, rappelons une fois pour toute la température préférentielle de la truite mouchetée. Celle-ci doit être recherchée en fonction d'un écart raisonnable: il est question d'une échelle variant entre 7° et 14°C (45° et 58°F) mais c'est entre 12,8° et 14°C (55° et 58°F) que la mouchetée sera le plus active. C'est d'ailleurs a ces températures que j'ai capturé mes plus gros spécimens (truite et Saumon).

    Une autre distinction fondamentale s'impose à ce stade-ci. Quand nous retrouvons un écart de température important de la surface vers le fond d'un lac (c'est-à-dire en été) sur un plan d'eau relativement profond, c'est la zone de confort de la truite qui délimitera le niveau de son aire de repos. En d'autres termes, elle est alors inactive. Toutefois, je suis d'avis - et j'en ai fait la preuve à maintes reprises - qu'elle ne peut résister à un ver présenté selon la méthode préconisée souvent dans ce magazine. Les prédateurs étant opportunistes de nature, dédaignent rarement un repas facile.

    Quand la mouchetée sort de cette zone de confort, elle est généralement en chasse. Aussi est-il utile de connaître la température préférentielle du poisson-fourrage. Pour ceux qui sont sceptiques ou étonnés de cette affirmation, permettez-moi de spécifier ici qu'il a été établi par plusieurs relevés stomacaux de la part de biologistes que les truites mouchetée de 38 cm (15 po.) et plus se nourriront de préférences de poisson-fourrage (quand il est disponible) plutôt que d'insectes. C'est pourquoi, dans certains cas, il est important de localiser cette zone productive.

    Contrairement à la pêche à la mouche, où il est souvent préférable d'utiliser une imitation la plus parfaite possible de l'éclosion du moment, la pêche à la "méthode" peut vous permettre d'intéressantes captures dans les zones préférentielles du poisson-fourrage. Probablement est-ce dû au fait que la truite convoitée étant plus grosse, elle est plus opportunistes que sélective.

    La température préférentielle de ces poissons est plutôt élevée, dépassant souvent les 20°C (68°F). Comme la truite ne peut s'y tenir longtemps, elle s'y rendra plus souvent sur de courtes périodes. C'est pourquoi elle choisit d'y aller tôt le matin, en toute fin de journée quand les rayons du soleil sont faibles. Plus souvent qu'autrement, ces zones se trouvent près des rives. Durant les journée nuageuses, elle pourra y faire ds incursions occasionnelles mais elles sont difficiles à prévoir.

    Pour cette raison et étant donné le fait que la truite est en chasse surtout le matin et le soir durant l'été, je préfère pêcher dans la zone de confort durant le jour. La température préférentielle du poisson-fourrage demeure quand même plus importante pour la grise que pour la mouchetée, celle-ci se tenant de toutes façons dans des plus faible profondeurs.

    En début de saison: On dit souvent que la pêche à la truite mouchetée est la plus productive au printemps. La croyance populaire veut que dès qu'un lac "cale", il s'ensuit un état d'euphorie chez Dame Truite, l'incitant à mordre frénétiquement. Or les excursions hâtives moins productives. Comment pourrait-il en être autrement dans une température aussi basse que 3,9°C (39°F) et même moins ? Nous sommes alors encore bien loin de la température préférentielle de la mouchetée variant de 7°C à 14°C (48°F à 58°F). Je ne veux pas dire qu'il est impossible d'en prendre mais ce n'est certainement pas le meilleur temps pour faire une limite de truite de taille raisonnable ou de capturer des truites trophées. Si cela arrive, on doit considérer ces performances comme des cas isolés et non fréquents.

    Histoire de réviser nos notions de base. Vous vous souvenez peut-être que nous ayons déjà dit qu'en hiver l'eau la plus froide est en surface et la plus chaude au fond. Cette dégradation de température s'exprime en allant de 0°C (32°F) (point de congélation) en surface à 3,9°C (39°F) ? Parce qu'à cette température, l'eau est la plus dense et donc la plus lourde. C'est quand l'eau de surface s'est réchauffée et atteint cette température qu'elle tend à descendre au fond et le "turnover" se produit. Après coup, l'eau est froide sur la plus grande surface du lac, c'est à dire à 3,9°C (39°F) de la surface jusqu'au fond. Même si le réchauffement de surface se poursuit, la truite ne s'y précipitera pas nécessairement à la grandeur du lac. Elle cherchera alors plutôt les berges peu profondes ou l'eau se réchauffe encore plus vite et où elle est plus susceptible de trouver de la nourriture.

    Les meilleurs secteurs sont généralement les rives peu profondes avec un fond rocheux ou légèrement vaseux. Toutefois, le vent peut aussi vous servir de guide dans votre approche car il influence la température aux abords des rives. Avant le "turnover", le vent poussera l'eau froide de surface vers un côté du lac alors que l'autre se réchauffera plus rapidement sous l'influence du soleil et du mouvement normal des eaux. Par contre, après le "turnover", c'est l'eau plus chaude qui sera poussée vers les rives, ce qui produit tout simplement l'effet inverse à celui précité. Rappelez-vous que la truite peut se trouver alors dans quelques pouces d'eau seulement. Il m'est arrivé à plusieurs reprises de voir les dorsales des grandes chasseresses alors que j'arpentais avec précaution les abords des rives. Bien des pêcheurs et surtout des moucheurs font alors l'erreur de leur lancer sur la tête ou tout près, ce qui a pour effet de les faire fuir!!!. C'est pourquoi je préconise une approche très lente en embarcation ou mieux encore de pêcher directement de la rive ou d‘un quai quand cela est possible. Aussi, dans le but de faire une approche discrète, j'opterais plutôt de faire précéder mon leurre, à quelques 46cm (18po.). Au ver, si j'utilise un plomb fendu coulissant (marcheurs de fonds ou autres), il sera de très petit format. Il va sans dire qu'il est préférable d'utiliser un monobrin de faible résistance, 1,8kg (4lb), un diamètre réduit étant étant alors meilleur pour une visibilité minimale. Je me permettrai d'utiliser un monobrin un peu plus gros, 2,7kg (6lb), dans les eaux plus foncées. Pour pouvoir pêcher avec un monobrin de faible résistance, vous devez évidemment utiliser une canne longue à action lente.

    En été:
    La truite mouchetée se tiendra le plus souvent près des rives tant et aussi longtemps que la température de l'eau n'aura pas dépassé sa zone de confort. Quand se réchauffement se produit, il s'établit habituellement une résistance thermique telle qu'une véritable « barrière » séparera les eaux froides du fond d'avec les eaux chaudes de surface. C'est d'ailleur cette démarcation que l'on nomme thermocline. Dans ce cas, les fosses varient entre 3 et 7 mètres (10 et 20 pieds) se trouvant près des rives autour d'un lac ou aux abords des îles, sont des endroits à prospecter.

    Toutefois, ce phénomène ne se produit pas nécessairement dans tous les lacs ou se trouve la truite mouchetée, la thermocline ne se formant sur les lacs aux eaux relativement profondes et de faible altitude ou latitude. En effet, si le lac où vous pêchez se trouve en altitude, il est bien possible que la zone de confort se trouve près des rives toute la saison, les eaux n'ayant pas le temps de se réchauffer suffisamment.

    D'autres parts, il y a aussi des cas de lac peu profonds mais qui sont alimentés par des sources d'eau froides ou par des tributaires aux eaux plus froides et oxygénés. S'il est facile de localiser ces derniers, les sources sous-marines ne pourront être découvertes qu'à l'aide d'un thermomètre. Celui qui se trouve de tel endroits aura souvent droit à une pêche exceptionnelle car ces secteurs où se concentre la truite en été sont généralement inconnus de la majorité des pêcheurs. Seul un thermomètre peut vous révéler de tels secrets rapidement et efficacement.

    Le thermomètre: Il existe deux principaux types de thermomètre: celui à immersion et celui à lecture digitale. Si le premier a l'avantage d'être peu coûteux (quelques dollars seulement), il est toutefois lent d'exécution, ne permettant pas d'obtenir une lecture rapide et instantanée. Il faut en effet attendre quelques minutes pour attendre que l'eau pénètre dans un tube doté d'un orifice contrôlé par une soupape. Il faut aussi sortir l'instrument assez rapidement de l'eau pour pouvoir faire une lecture adéquate lorsque l'eau de surface est plus chaude que l'eau plus profonde. Pour une lecture aux abords des rives, il peut au moins vous dépanner et il est certainement plus efficace que votre index !!!.

    Le thermomètre électronique possède pour sa part de nombreux avantages. Grâce à une sonde reliée par un fil à un cadran de lecture, la température vous est communiqués instantanément par la simple pression d'un doigt sur le commutateur. Le fil est enroulé sur un moulinet possédant un "odomètre" et indique le nombre de pieds de descente de la sonde et ainsi, la température de l'eau à la profondeur où elle se trouve. Pour faciliter votre lecture, votre bateau doit être immobile ou dériver très lentement afin que votre sonde soit bien perpendiculaire à l'embarcation. Il est aussi suggéré d'attacher un plomb au bout de la sonde pour que celle-ci se maintienne perpendiculairement plus facilement. Le thermomètre électronique possède l'avantage certain de faire une prospection rapide, ce qui est souvent un atout dans la recherche d'un secteur productif. Personnellement, je ne pêche pas tant que je n'ai pas découvert un secteur où la température est idéale.

    En résumé: Si la température de l'eau en surface est froide 7°C et 14°C, (45°F et 58°F), la truite se trouvera près des rives en tout temps, à moins que le vent y pousse une eau plus froide ou plus chaude.  Si la température de l'eau en surface est plus chaude (plus de 14°C(48°F)),la truite ne se trouvera près des rives qu'en début de journée ou en fin de journée (selon l'écart avec le 14°C (58°F)). Durant le jour, il sera préférable de présenter votre ver plus en profondeur. Si la température de l'eau de surface est glaciale (2,8°C (37°F)et moins), il est souvent préférable de pêcher dans les fosses comme en été (l'eau du fond étant plus chaude). Cette période est per contre très brève et dès que l'eau de surface dépassera 7°C (39°F), il vaudra mieux présenter votre appât près des rives. Quand l'eau ne dépasse pas beaucoup 7°C (39°F), les après-midi ensoleillées constituent des périodes de pêche privilégiées.

> La Truite Mouchetée Anadrome (Truite de Mer) <


    La truite de mer est en réalité un omble de fontaine anadrome. Nous la retrouvons dans les rivières coulant en mer à partir des bassins hydrographiques suivants: Baie d'Ungava,  Baie James et la Baie d' Hudson, De la rivière Saguenay, De l'île Anticosti, De l'estuaire et du golfe Saint-Laurent et De la baie des Chaleurs. Sur le territoire Gaspésien coulent 23 rivières dans lesquelles remonte la truite de mer. Elles s'écoulent soit dans le golfe Saint-Laurent, soit dans la baie des Chaleurs. Des rivières comme la Rivière Sainte-Anne, Rivières Pabos (Petit, Grand nord, Grand ouest), Rivière Nouvelle, Rivière Petite-Cascapédia, Rivière Bonaventure sont des bonnes rivières pour pêcher la truite de mer.

    La truite de mer à cette particularité de préférer l'eau saumâtre ou salée pour la majeure partie de sa croissance, dû à la nourriture abondante disponible dans et près de l'estuaire de sa rivière. Après  sa naissance en eau douce de rivière, et après un certain temps de croissance, probablement deux ans, la truite dévale vers l'eau salée pour grandir. Arrivée  à maturité, un an plus tard, la truite de mer retourne vers l'eau douce en amont  de sa rivière pour frayer. Cette maturité est atteinte entre les âges de deux à quatre ans selon les rivières.

    Il est démontré, par les études à ce propos, que la truite de mer peut vivre plus longtemps que la truite d'eau douce. La durée de vie d'une truite de mer peut atteindre 7 ans tandis que la durée de vie de la truite d'eau douce ne peut espérer plus de 4 ans. La truite de mer peut donc atteindre une longueur et un  poids bien plus imposants. La truite de mer affectionne une eau froide (13 et 18 C.) et bien oxygénée et une nourriture en abondance, insectes, crustacés, poissons et petits mammifères,

    Lorsque la truite est en mer, sa robe est d'apparence argentée. Son ventre est blanc pour se confondre dans la lumière du haut et son dos est foncé pour se confondre dans le fond du bas. Ce camouflage en mer change lors de son arrivée en rivière. Alors sa robe s'adapter à son environnement. Le ventre demeure plutôt blanc, légèrement grisâtre alors que les flancs et le dos deviennent plus foncés et colorés. Au moment de la fraye, les mâles s'habillent de façon éclatante, mais les femelles conservent une livrée beaucoup plus sobre.

    Au printemps et été nous les retrouvons surtout dans l'estuaire et en rivière. à l'automne surtout en amont de la rivière, tandis quand hiver nous les retrouvons surtout en amont de l'estuaire. Les études démontrent, qu'à l'opposé du saumon, la truite de mer s'alimente aussi bien en hiver qu'en été lorsqu'elle est en eau salée. La truite peut s'alimenter de façon opportuniste ou de façon sélective. Lorsque le hasard présente une quelconque nourriture dans les environs, elle n'hésite pas à la gober, émergences d'insectes... La truite semble se concentrer sur ce qui est disponible en quantité telle que l'émergence d'une espèce d'éphémères en particulier. La truite ne prend rien d'autre chose que ce qui imite l'émergence en cours.

    Les stocks de truite de mer présents en rivière a beaucoup diminué depuis 25 ans. Les études semblent indiquer comme hypothèse majeure, les opérations forestières, les barrages sur certaines rivières et les prélèvements soit par le braconnage, soit par la pêche récréative.

    Les coupes à blanc, pratiquées même près des berges des rivières et les multiples chemins taillés en forêt, ont permis la fonte et l'écoulement rapide de la neige au printemps. Cette massive arrivée d'eau a arraché les berges, une multitude d'arbres, d'arbustes et de végétaux qui avaient comme qualité de retenir les sols et les sédiments. Ces sédiments ont colmaté une très grande quantité de sites de fraye. Moins de sites de fraye, moins de petites truites !!!

    Les nombreux barrages aménagés sur plusieurs rivières à la fin des années 1800 et au début des années 1900 sont aussi responsables de la diminution du nombre de poissons sur les sites de fraye en restreignant énormément la migration des géniteurs. Les prélèvements illégaux ont aussi eu leur impact. Il est par contre difficile de chiffrer cet impact car les braconniers n'ont pas tous été capturés et condamnés. Les captures sportives de truites de mer sont chiffrables lorsque capturées en rivières, encore là, les chiffres ne sont pas précis, mais les captures en estuaires, à l'aval de la route 132, ne sont à peu près pas quantifiables. Tous ces pêcheurs à l'aval de la route 132 ne seraient certainement pas là s'ils ne prenaient pas de truites. Ces truites ne sont jamais comptées. Il faudra peut-être en venir à des restrictions ou à des diminutions de limites de capture et même à envisager la graciation (remise à l'eau) obligatoire.

    Pour effectuer le repérage des truites, il vous faudra marcher le long des berges et dans l'eau. Dans certaines rivières, le repérage se fait souvent à bord d'un canot.  Dans les deux cas, il faut repérer les particularités des fosses qui retienne les truites, telles que: eau profonde d'au moins un mètre, eau légèrement moins rapide que la marche d'un homme, concentration de l'eau en coulée, concentration de la nourriture en dérive, rechercher une ligne de brou concentrée, couvert végétal, branches surplombant la fosse, arrachis de billots empilés les uns sur les autres, seuil de fosse, fosse lente à l'aval de sites propices à l'émergence d'insectes.

    Les truites de mer sont très farouches, l'approche a pas feutré est de mise. Lorsque vous êtes à moins de trente mètres des truites, il faut absolument éviter les bruits comme de faire débouler des cailloux, il faut éviter de faire des  vagues en vous déplaçant dans l'eau...

    Arrivez sur les lieux, il faut maintenant faire le choix  de l'artificielle et de la présentation. Il y a des mouches que l'on doit laisser libres sur l'eau (les mouches sèches). Elle doivent dérivées à la vitesse du courant, ces mouches imite un insecte adulte. Il est donc nécessaire de faire une présentation avec une ligne flasque, non tendue, pour que la mouche puisse flotter sans draguer. Souvent, cette technique vous amène à lancer de façon perpendiculaire au courant, vers l'amont ou vers l'aval. Il faudra, à l'occasion, présenter la mouche sous les branches ou sous les billots de façon à faire flotter la mouche au-dessus des truites. L'habileté du pêcheur à contrôler les lancers à l'horizontal facilite énormément les présentations dans des endroits exigus.

    Si la situation exige l'utilisation d'une mouche submergée tel un streamer, une mouche noyée ou une nymphe, l'habileté à lancer est toute aussi importante. Il faut bien juger la distance du lancer à exécuter de façon à déposer l'artificielle le plus près possible de la tenue de la truite sans l'accrocher dans les obstacles, la berge, branches...

    Lorsque la mouche est en dérive (mouche sèche) ou en parade (mouche noyée), il faut être attentif pour déceler une touche. En mouche sèche, le pêcheur va ressentir et voir l'attaque. En mouche submergée, le pêcheur va plutôt ressentir la touche que la voir. C'est à ce moment précis que doit être effectué le ferrage.

    Une fois le ferrage bien fait, c'est le combat qui s'engage. Pour bien effectuer la maîtrise de votre truite, la canne doit être maintenue perpendiculaire à la ligne. La canne doit absorber les coups et les tensions.  La tension du frein du moulinet doit permettre la sortie de soie lors d'une course mais l'arrêter aussitôt la course terminée. La pression sur la canne doit proportionnelle être à la grosseur du poisson. Restez dans l'eau, approchez la truite, guidez-la à l'épuisette, faites-la pénétrer et soulevez la puise. C'est un moment de grande satisfaction.





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21 février 2012